ACTE

actes_ducs_capetiens_bourgogne-325

 
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Anne-Lise Courtel, La chancellerie et les actes d'Eudes IV (1315-1349), vol. 3, thèse inédite d'École des chartes, 1975, n° 258.  
   

Eudes IV, duc de Bourgogne, Jeanne, duchesse de Bourgogne, et Marguerite, comtesse de Boulogne  
contrat de mariage  
1338/09/26  
Contrat de mariage conclu entre Eudes IV, duc de Bourgogne, Jeanne de France, duchesse de bourgogne, d'une part, et Marguerite, comtesse de Boulogne et d'Auvergne, d'autre part, prévoyant l'union de Philippe de Bourgogne et Jeanne de Boulogne.  
L'édition est réalisée à partir de Paris, AN, J 258 n°8.  

A. a. Original, parchemin ; jadis scellé de trois sceaux sur doubles queues ; seuls subsistent à gauche, le grand sceau d'Eudes IV (avec contre-sceau) de cire blanche, à droite, celui de la comtesse de Boulogne, de cire rouge ; Paris, AN, J 258 n° 8. b. Original, parchemin ; scellé également de trois sceaux sur doubles queues ; seuls subsistent les sceaux d'Eudes IV et de la comtesse de Boulogne ; Paris, AN J 258 n°9.  
   


Nous, Eudes, dux de Bourgoigne, contes d’Artois et de Bourgoigne palatins et sires de Salins, et nous Jehanne, fille de roy de France, duchesse, contesse et dame des lieux dessus diz, et nous, Marguerite, contesse de Bouloigne et d’Auguerne, façons savoir à touz presens et à venir que nous, de la volenté et consentement de nostre tres chier et redoubté signeur, nostre signeur le roy de France, deliberation sur ce pleniere eue à noz autres signeurs et amis et de la volenté et consentement d’yceux, avons entre nous voulu et convenencié et promis que, de tout nostre pooir, senz fainte et senz fraude, ferons et pourchacerons que Phelippes de Bourgoigne, filz de nous, duc et duchesse devant diz, prendra à feme et à espouse, damoiselle Jehanne, fille de nous contesse devant dite, et que ausi ladite damoiselle Jehanne prandra à mari et à espous ledit Phelippe, se Dieux et Sainte Eglise si accordent, et pour cause du mariage dessus dit à faire et ou traitié de celui, nous avons fait et façons entre nous dessus diz les convenences qui s’ensuiguent. C’est assavoir que nous, dux et duchesse dessus diz, volons, greons et expressement nous y consentons que, par mi ledit mariage et le traité et convenences ci enseiguans, ladite contesse de Boloigne est, sera et doit estre et demourer et demourra quitte et delivré du testament et des lais du conte, son mari, que Diex absoille, et de debtes et de toutes autres charges es quelles ledit conte, son signeur, estoit ou pooit estre tenuz au temps de son trespas, et ausi lesdiz Phelippe et damoiselle li sont et seront tenu d'aquitier et de li tenir et garder senz dommage de mil livres de tournois que elle devoit paier à ceste Magdeleinne en l'an trante et huit, à madame Marie de Flandres, contesse de Bouloigne, et au conte de Geneve, pour cause de sa feme, et des autres termes ensuguans. Item est entre nous acourdé et convenencié que demorer doivent, devront et demourront à ladite contesse touz ses joiaulz, vaissellemente, chambres et toutes autres chouses qu’elle ai par devers li, excepté et mis hors les armeures, tentes et pavillons de son dit signeur et ausi excepté les debtes que l’en devoit audit conte le jour de son trespas qui à lever sont encor à present, lesquelles chouses qui surit dessus exceptées et mises hors, seront et demorront audit Phelippe et à ladite Jehanne, et encor sera sauf et réservé et demourra à ladite contesse tout ce et tout le droit et action sur ce que le roy de Navarre doit, devoit et de quoi il est et estoit tenuz audit conte de Boloigne et à li, pour cause du mariage de ladite contesse. Item, il est entre nous convenencié et acourdé que le droit que ladite contesse se dit avoir sur les biens du conte, jaidis son mari, de dix mile livres, les quelles elle devoit prendre, si comme elle dit, sur la terre d'Auguerne, li demeure sauf contre toutes personnes, fors contre ledit Phelippe et ladite damoiselle et les hoirs descendenz de leur corps tant seulement, as quex Phelippe, Jehanne et leur hoirz de leur propres corps dessus diz, ladite contesse ne pourra riens jamais demander. Item, avec ce est acourdé que lidiz Phelippes et ladite damoisele demorront quitte et delivré de tout ce que ladite contesse ai paié, le bail durant, des debtes et des lais de son dit signeur, et pour tant est et sera ladite contesse quitte et delivré de faire pour compte. Item est entre nous convenencié et acourdé et de nous, duc et duchesse dessus diz, expressement consenti que ladite contesse aura et tenra pour son douaire, la moitié de la conté de Bouloigne et en outre mil livrées de terre à tournois, les quelles elle tendra avec la moitié de ladite conté, tout le cours de sa vie, en quelcunques estat qu’elle sera, les quelles mil livrées de terre li seront essises en la conté de Bouloigne à assiete de paiis et levera touz les bois dudit douaire et des mil livrées de terre dessus dites, en la maniere que les tailles des bois sont à present ordenées à coper et à taillier chascun an, c'est assavoir à coper en forest de Boloigne, vint et cinc pieces, chascun an, qui valent cent ou cent et cinc mesures de bois ou environ ; item à coper en la forest de Devre, dix pièces chascun an, qui valent quarente ou quarante et quatre mesures de boisn ou environ ; item à coper en la forest de Hardelo, six pieces chascun an, qui valent vint et quatre ou vint et six mesures de bois ou environ. Et est à savoir que ladite contesse en ses dites tailles, pourra coper tout entierement et gros bois et graile, senz riens laissier, et avecques tout ce, elle aura un chastel ou maison, senz le prisier, en la conté de Boloigne, tel qu’elle vorra eslire, lequel elle tendra toute sa vie en quelque estat qu'ele sera. Item est acourdé et convenencié que, comme li baus et la garde de ladite damoiselle appartiengne à ladite contesse jusques à l'eage de ladite damoiselle, le quel eage elle aura acompli lendemain du jour de l’Apparition prochainne venant, ladite contesse renoncera et se partira du bail et de la garde de la terre d'Auvergne, si tost que ledit Phelippe aura espousée ladite damoiselle ou que ladite contesse sera asseurée par bonnes lettres, bien et souffisemmant, de toutes les convenences dudit mariage, et demore et demorra li baus et la garde de la terre et comité de Bouloigne à ladite contesse, jusques à lendemain de l'Apparition dessus dite. Item est convenencié et acourdé que ledit Phelippe et ladite damoisele doivent asseoir, faire asseoir et assigner et baillier à ladite contesse son dit douaire de sa moitié de la conté et des mil livrées de terre dessus dite et ladite maison ou chastel que elle eslira ançois que lidiz baus ou garde de la terre de Boloigne soit failliz. Item est accordé et convenencié que, comme le conte de Bouloigne, darrainement trespassé, donnast à ladite contesse, jaidis sa compaigne et espouse, en son testament ou darrainne volenté, toute la terre de Livrades et de Baffié avec totes les appartenances, ladite contesse vuet et acorde expressement, pour Dieu et en l'aligement de l'ame de son dit signeur, que les rentes et issues et tuit li emolument desdites terres de Livrades et de Baffié et des appartenences, par tele condition que lesdiz Phelippe et damoisele mettront et seront tenu de mettre avec ce, cinc cens livrées de terre à prendre sur l'autre terre d'Auvergne appartenant à ladite damoisele, soient mises et converties avec les cinc cens livrées de terre, ou paiement de toutes les debtes et lais dudit conte, jaidis son signeur, et seront mises lesdites rentes et yssues desdites terres de Livrades et de Baffié et des cinc cens livrées de terre dessus dites à lever, en la main et par la main de deux preudommes, des quex ladite contesse en eslira un et lesdiz Phelippe et Jehanne, l’autre, et seront tenu lidit commis ou ordené, rendre chascun an, compte desdites levées et issues à ladite contesse ou à son commant, ensamble avec lesdiz Phelippe et Jehanne ou ceux qu’il y vourront commettre. Et ou cas que lesdites debtes et lais seroient toutes paiés ou que lesdiz Phelippe et damoisele ou leur hoir reprendraient les cinc cens livrées de terre dessus dites, ledit don de ladite terre de Livrades et de Baffié retournera à ladite contesse et en joira tout le cours de sa vie. Item est acordé que ladite contesse ne se lie, ne s'entent à lier, ne obligier en toutes les choses et convenences dessus dites, ne en autres, aucunement, envers aucune personne quex qu’elle soit, fors tant seulement envers ledit Phelippe et ladite damoisele et envers leur hoirs qui desdiz Phelippe et damoiselle istront, mas demeure et demorra à ladite contesse, ses droiz, touz sauz et entiers en totes chouses envers toutes autres personnes. Itern, est acourdé et convenencié que nous, dux et duchesse dessus diz, ahereterons et aheretons nostre dit filz Phelippe, pour li et pour ses hoirs qui istront dudit mariage, de la conté de Bourgoigne, ensamble touz ses droiz, ses nobleces et ses appartenances, à tenir et à posséder apres le décès de nous, duchesse dessus dite, et avec ce li baillerons au royaume de France la ou le roy nostre sire ordenera, six mile livrées de terre à tournoiz, sanz prisier chasteaulz ne manoirs, des queles six mile livrées de terre ladite damoisele sera et devra estre douee. Et ou cas que ledit Phelippe venroit à la succession de nous, duc, ou de nous, duchesse, lidiz Phelippes acroistroit ledit douaire de ladite damoisele, de deux mile livrées à tourn.ois de rente, et se il venoit premierement à la succession de ladite duchesse, le douaire de ladite damoisele seroit assis en la terre dudit Phelippe, ou royaume de France, avenue à lui par la succession de sadite mere, et retourneroit au duc toute la terre que ledit Phelippe auroit eue de l’eritage dudit duc pour faire ledit douaire et en tele maniere de la terre de la duchesse, c’est à savoir que,se lidiz Phelippes venoit premerement à la succession dudit duc, le douaire seroit assis en la terre avenue audit Phelippe ou royaume de France par la succession dudit duc, son pere , et la terre de ladite duchesse qu’ele y auroit pour ce baillie, retourneroit à la duchesse. Et est à savoir que non obstant l’eretance que lesdiz dux et duchesse feront audit Phelippe de la conté de Bourgoigne, neant mains lesdiz duc et duchesse pourront pour le profit dudit Phelippe et de ses hoirs eschangier chasteaulz, fiez ou terres de ladite conté de Bourgoigne, mas l’eschange qu'il en auront, sera heretage dudit Phelippe et des hoirs qui ystront dudit mariage et pourront lesdiz duc et duchesse aumosner ou faire aumosner de ladite conté de Bourgoigne jusques à mil livrées de terre à tournois. Item est acordé et convenencié que, ou cas que lidiz dux et duchesse auroient autres enfans que lidit Phelippe, que Diex vueille par sa grace, un tout seul ou plusieurs, li quel enfes ou enfant survivroient le duc et la duchesse ou l'un d'eux, lidit enfes ou enfant auroit ou auroient apres le deces desdiz duc et duchesse leur droit en toutes les terres et duchee et contez du duc et duchesse selonc la coustume des paiis, sauf touz jours le douaire de ladite damoiselle. Item est acordé que, s'il avoit aucunes chouses en doubte des chouses dessus dite ou d'autres, nostre tres chier signeur le roy les esclarcira et en ordenera à sa volenté, les quelles convenences toutes ensamble et chascune par soi, nous, duc, duchesse et contesse devant dit, tant comme à chascun touche, appartient ou puet appartenir, promettons en bonne foi par noz sairemenz donnez corporelment sur saintes euvangiles tenir, acomplir et fermement garder sanz venir encontre, par nous ne par autre, expressement ou taisiblement. Et pour ce faire et acomplir, nous obligons l'un envers l'autre, nous, noz hoirs, noz successeurz, touz noz biens meubles et non meubles, presens et à venir, et renonçons de certainne science a toutes exceptions de droit et de fait et à toutes cavillations que l’en pourroit dire, proposer ou opposer contre les chouses devant d. ou aucunes d'icelles. Et pour ce que les chouses dessus dites soient plus fermes et estaubles, nous volons estre contraint à ycelles garder et acomplir par la court de nostre tres chier et redouté signeur le roy de France, à la jurisdicion du quel quant à ce, nous submettons nous et noz hoirs et touz noz biens, et supplions encor humblement à nostre tres chier signeur, le roy de France dessus dit, nous, dux, duchesse et contesse dessus nommé, que il, par sa grace et sa plainne auttoritey et puissance royaul vueille confirmer et approuver de certainne science toutes les chouses dessus dites et y mettre son roiaul decreit et oster et mettre au neant toutes chouses de fait, de droit ou de coustume par quoi les chouses dessus dites pourroient estre empeschiés ou anullées en tout ou en partie, par quelque maniere que ce fust, et à emplir les eages desdiz Phelippe et Jehanne si plainnement que des chouses dessus escriptes ne puist jamais estre doubté, ne que nulz, ne nulle n'en puist venir encontre à nul jour. En tesmoignage des quex chouses, nous, dux, duchesse et contesse devant diz, avons mis noz seelz en ces presentes lettres, faites et données le vint et sizeme jour du mois de septembre, l'an de grace Nostre Signeur courrant par mil trois cenz trante et huit.  
Eudes IV, duc de Bourgogne  
Philippe, fils du duc de Bourgogne  
Jeanne duchesse de Bourgogne  
Marguerite, comtesse de Boulogne et d'Auvergne  
Jeanne, comtesse de Boulogne et d'Auvergen  

Actes des ducs capétiens de Bourgogne
David Bardey (04/10/2025 20:44)
David Bardey (04/10/2025 20:44)