« yves-de-chartres-169 »


Général

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    Yves, évêque de Chartres

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    Galon, évêque de Paris

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    après 1106/09 - avant 1106/12

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    [fin 1106]

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    Lettre

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    Ivo, Dei gratia Carnotensis Ecclesiae minister, Gualoni, eadem gratia Parisiorum episcopo, salutem.

    Cum Rotrocus comes munitionem aedificaret(a) in quodam fundo parrochiae nostrae, quem sui juris et suae tuitionis esse defendit(1), vicecomes vero Carnotensis et Ivo, Curvaevillae dominus, ad jus suum pertinere contendit ; suggestum est domino papae, sicut forsitan audistis ab Hugone vicecomite Hierosolymam tendente, quatenus super hac injuria justitiam faceret et rem Hierosolymitani secundum sua statuta defenderet(2). Cujus rei veritatem papa ignorans scripsit nobis quatuor, Senonensi archiepiscopo, Carnotensi, Parisiensi, Aurelianensi episcopis(3), quatenus pro debito officii nostri justitiam faciamus tam de fundi invasione quam de Ivonis captione. Acceptis igitur litteris istis, importune exigunt a me Guido, fraternarum rerum custos(4), et dominus Curvaevillae quatenus praedictum Rotrocum sine audientia, sine judicio excommunicem, cum ipse Rotrocus paratum se dicat ut ad audientiam domni metropolitani, vel nostram, vel comprovincialium episcoporum, congruo tempore et loco, veniat et secundum justum judicium de objectis satisfaciat.

    Ego itaque servato legum tramite(5), nolo quemquam more sicariorum sine audientia punire, nolo Satanae tradere, donec vel audientiam subterfugiat, vel judicium contumaciter respuat. Consulatur super hoc Evangelium, consulantur leges divinae et humanae : si de re in contentione posita aliter aliqua lex fieri jusserit(6), postposita mea sententia libenter cedam alienae. Nec aliter puto domnum papam intellexisse, ubi praecepit nos pro debito officii nostri praedictis petitoribus justitiam facere.

    Hoc tonitruo(b) circumstrepente, quamvis non essem dubius de veritate, scripsi tamen domino(c) metropolitano(7), ad quem jam litterae apostolicae venerant, ut, diligenter inspectis litteris apostolicis et intellecta rerum gestarum veritate quam ei conscripseram(d), consilium mihi daret, utrum praedictum Rotrocum deberem sine audientia excommunicare, an ad judicium vocare. Ipse vero nescio quo instinctu, quo intellectu, rescripsit mihi ut litteris apostolicis obedirem et Rotrocum excommunicarem. Nec tamen determinavit, juxta inquisitionem meam, utrum hoc facere deberem cum audientia an(e) sine audientia. Litteris itaque vestris petimus muniri sententiam nostram, si justa est, aut removeri, si justa non est. Addimus etiam petitioni nostrae, si necesse fuerit, quatenus, si fraterne invitati fueritis, praesentiam vestram nobis exhibeatis et quod faciendum erit nobiscum faciatis. Valete. Ut melius eas intelligatis exemplar litterarum apostolicarum transmisi vobis.


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    faceret T, aedificet AM 
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    tonitru AT 
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    om.
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    scripseram AT 
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    an…audientia om. éd.

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    Voir lettres 168 et 170.
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    Voir lettres 168 et 173.
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    Daimbert, Yves, Galon et Jean. La lettre n'est pas conservée.
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    Voir note lettre 168.
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    Custodito legum tramite, Gélase, ep. ad Martyrium et Justum. Yves, Décret 6, 353 ; Panormie 3, 164 (Gratien, D. 54, 9). Legis tramitem non conservavimus, Léon IV à l'empereur Nicolas. Yves, Décret 5, 22, (Gratien, 2, 7, 41, Ludivico Augusto). Même expression lettres 133, 170, 204, 243.
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    Capitularia regum Francorum, tit. XIV, De commendatis et commodatis, cap. 5, De re in contentione posita, éd. Baluze, t. 1, 1772, col. 66. Les textes canoniques abondent à ce sujet, Yves, Décret passim (Gratien c. 3, q. 9).
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    Lettre précédente.

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    Avranches, BM 243, 91rv
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    Montpellier, Ecole de médecine H 231, 63v-64
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    Troyes, BM 1924, 23rv

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    Yves, par la grâce de Dieu ministre de l'Église de Chartres, à Galon, par la même grâce évêque de Paris, salut.

    Alors que le comte Rotrou a construit une fortification dans un domaine de notre paroisse qu'il assure être de sa juridiction et sous sa protection, le vicomte de Chartres et Yves, seigneur de Courville, soutiennent qu'il dépend de leur juridiction ; il a été suggéré au seigneur pape, comme vous l'avez peut-être appris du vicomte Hugues qui se rend à Jérusalem, de faire justice de cette injustice et de défendre les biens du Jérosolimitain selon ses statuts. Le pape qui ignorait la vérité de cette affaire nous a écrit à nous quatre, l'archevêque de Sens, les évêques de Chartres, Paris et Orléans, pour que nous rendions justice selon le devoir de notre charge tant pour l'invasion du domaine que pour la capture d'Yves. Depuis donc que nous avons reçu cette lettre, Guy, gardien des biens de son frère, et le seigneur de Courville exigent de moi de manière importune que j'excommunie ledit Rotrou sans audience, sans jugement, alors que Rotrou se dit quant à lui prêt à venir à l'audience du seigneur métropolitain ou à la nôtre ou à celle d'évêques comprovinciaux en temps et lieu convenables et à offrir satisfaction, selon un juste jugement, sur ce qui lui est reproché.

    C'est pourquoi moi, conservant le chemin des lois, je ne veux pas punir quelqu'un sans audience à la manière des sicaires, je ne veux pas le livrer à Satan tant qu'il ne s'est pas soustrait à l'audience ou qu'il n'a pas refusé avec arrogance le jugement. Que soit à ce sujet consulté l'Évangile, que soient consultées les lois divines et humaines : si au sujet d'une affaire mise en litige quelque loi ordonne d'agir autrement, abandonnant mon avis je céderai volontiers à celui d'autrui. Et je ne pense pas que le seigneur pape ait compris autrement quand il a ordonné de faire justice auxdits demandeurs selon le devoir de notre charge.

    Avec ce tonnerre qui éclatait de toutes parts, bien que je n'eusse aucun doute quant à la vérité, j'ai cependant écrit au seigneur métropolitain, auprès de qui était déjà arrivée la lettre apostolique, pour qu'après avoir scruté avec zèle la lettre apostolique et pris connaissance de la véracité des événements que je lui avais transcrite il me donne un conseil : devais-je excommunier sans audience ledit Rotrou ou le convoquer en jugement ? Et lui, poussé par je ne sais quelle instigation, par quel point de vue, il m'a récrit d'obéir à la lettre apostolique et d'excommunier Rotrou. Cependant il n'a pas décidé, comme je le demandais, si je devais le faire avec une audience ou sans audience. C'est pourquoi nous vous demandons de fortifier par une lettre de vous notre opinion si elle est juste, ou de l'écarter si elle n'est pas juste. Nous ajoutons aussi à notre demande, si c'est nécessaire, que, si vous êtes invité fraternellement, vous nous accordiez votre présence et fassiez avec nous ce qui doit être fait. Adieu. Pour que vous compreniez mieux je vous ai transmis une copie de la lettre apostolique.

Informations

Acte

admin ydc (IRHT), dans  Yves de Chartres

Lettres d'Yves de Chartres, éd. G. Giordanengo (agrégée de l'Université), éd. électronique TELMA (IRHT), Orléans, 2017 [en ligne], acte n. 21107 (yves-de-chartres-169), http://telma-chartes.irht.cnrs.fr/yves-de-chartres/notice/21107 (mise à jour : 21/09/2017).