« yves-de-chartres-62 »


Général

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    Yves, évêque de Chartres

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    Leudon, prêtre

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    après 1096/09 - avant 1116

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    [après septembre 1096](1)

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    Lettre

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    Ivo, Dei gratia Carnotensis ecclesiae minister, Sanctioni confratri et coepiscopo(2), salutem et servitium.

    Pacem quam feci cum Adelecia(a) Puteacensis castri domina(3), super quam admiramini, non ita feci ut aliquid vestri juris usurparem, sed omne quod ad vestrum jus pertinet patenter exciperem. Meam enim tantum injuriam remisi non vestram et hoc postulavi a fraternitate vestra ut pro praeteritis injuriis meis supra praedictam feminam nullam exerceretis vindictam. Ad quam rem magna ex parte me compulit timor vester. Significastis enim mihi litteris vestris multa incommoda imminere vobis et Ecclesiae vestrae, si differrem pacem cum ea facere. Unde inventa occasione volui tam vestris quam meis commodis(4) providere. Si ergo restant aliquae injuriae ad propriam parrochiam pertinentes, ne videar vobis esse importunus, prout vobis placuerit et ratio permiserit eas expostulate.

    De clericis autem vel monachis Puteacensibus(5), qui contra interdictum vestrum missas celebraverunt, mortuos sepelierunt, chrisma aliunde acceperunt, hoc vobis respondeo et consulo ut si gratiam Lugdunensis archiepiscopi pleniter habetis, cujus consensu interdictum vestrum praedicti Puteacenses cassatum fuisse dicunt, plenam secundum rigorem canonicum super ejusmodi(b) transgressores vindictam exerceatis, ut et istos et alios ab hujus(c) inobedientia compescatis, secundum illud Apostoli(6) : « In promptu habentes ulcisci omnem inobedientiam. » Alioquin levius erit ea supportare quae non licet ad plenum vindicare.

    De Gervasio(7) quoque non debet vestra fraternitas mirari vel indignari quod eum ad communionem in paschali curia suscepi. Pro regia enim honorificentia hoc feci, fretus auctoritate legis, in qua legitur(8) : « Si culpatorum regia potestas aut in gratiam benignitatis receperit, aut mensae suae participes effecerit, hos etiam sacerdotum et populorum conventus suscipere in ecclesiastica communione debebit, ut quod principalis pietas recipit, nec a sacerdotibus Dei alienum(d) habeatur. » Vale.


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    Adelicia AM, Adelina Au 
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    hujusmodi M 
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    hujusmodi AM 
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    extraneum al.

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    Entre le départ d'Évrard du Puiset en croisade et la déposition de Sancion. Son successeur Jean II a été élu le 18 décembre 1097.
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    Voir lettre 51.
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    Sur le Puiset, voir lettres 5, 19, 20, 60.
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    Jeu de mots incommoda/commodis.
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    C'est un prieuré de Marmoutier, abbaye exempte, les moines ne sont donc dépendants que du saint siège. Un seul acte est conservé concernant ce prieuré, diplôme de Philippe Ier confirmant une donation d'Hugues, seigneur du Puiset, à Saint-Martin. M. Prou, Recueil des actes de Philippe Ier, no LXXI, p. 181-182.
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    II Cor. 10, 6.
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    Sans doute est-ce le Gervais, sénéchal de Philippe Ier, qui apparaît dans les lettres 261, 266.
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    D'après le douzième concile de Tolède, c. 3, Fausses décrétales, éd. Hinschius, p. 414-415. Yves, Décret 16, 344, avec référence aux Capitulaires c. 383. La citation de la lettre suit cette version du Décret. Voir aussi lettre 171.

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    Avranches, BM 243, 39v-40
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    Montpellier, Ecole de médecine H 231, 25v-26
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    Troyes, BM 1924, 88-88v
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    Auxerre, BM 69, 26-26v

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    Yves, par la grâce de Dieu ministre de l'Église de Chartres, à Sancion, son confrère et collègue évêque, salut et service.

    La paix que j'ai faite avec Adélicie, dame du château du Puiset, et dont vous vous étonnez, je l'ai faite non de manière à usurper quoi que ce soit de votre droit mais de manière à soutenir ouvertement tout ce qui touche à votre droit. Car j'ai remis seulement l'injustice que j'ai subie, non la vôtre, et j'ai réclamé de votre fraternité que vous n'exerciez aucune vengeance sur ladite femme pour les injustices que j'ai subies autrefois. C'est votre crainte qui m'y a poussé en grande partie. Car vous m'avez signifié dans votre lettre que beaucoup de dommages vous menaçaient, vous et votre Église, si je différais de faire la paix avec elle. Aussi ai-je voulu, trouvant l'occasion, pourvoir tant à vos intérêts qu'aux miens. Donc si demeurent quelques injustices concernant votre propre paroisse, pour ne pas me trouver importun, demandez-en satisfaction comme il vous plaira et comme la raison le permettra.

    Quant aux clercs et moines du Puiset qui malgré votre interdit ont célébré des messes, ont enterré des morts, ont reçu le chrême d'ailleurs, je vous réponds et vous conseille ceci : si vous avez pleinement la grâce de l'archevêque de Lyon, avec l'accord de qui lesdits habitants du Puiset disent que votre interdit a été cassé, exercez pleine vengeance selon la rigueur canonique sur des transgresseurs de ce genre, afin de les dissuader, eux et d'autres, d'une désobéissance de ce genre, selon le mot de l'Apôtre : « Nous sommes prêts à châtier toute désobéissance. » Autrement il sera plus léger de supporter ce qu'il n'est pas possible de punir pleinement.

    Au sujet de Gervais, votre fraternité ne doit pas non plus s'étonner ou s'indigner de ce que je l'aie admis à la communion à la cour de Pâques. Car je l'ai fait en témoignage d'honneur envers le roi, fort de l'autorité de la loi dans laquelle on lit : « Si le pouvoir royal a reçu dans la grâce de sa bienveillance ou a fait participer à sa table certains coupables, l'assemblée et des prêtres et des peuples devra les recevoir aussi dans la communion ecclésiastique, pour que ce que la piété du prince a reçu ne soit pas tenu pour étranger par les prêtres de Dieu. » Adieu.

Informations

Acte

admin ydc (IRHT), dans  Yves de Chartres

Lettres d'Yves de Chartres, éd. G. Giordanengo (agrégée de l'Université), éd. électronique TELMA (IRHT), Orléans, 2017 [en ligne], acte n. 20999 (yves-de-chartres-62), http://telma-chartes.irht.cnrs.fr/yves-de-chartres/notice/20999 (mise à jour : 21/09/2017).