« yves-de-chartres-22 »


Description

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    Yves, évêque de Chartres

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    Philippe 1er, roi de France

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    après 1090 - avant 1108

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    n.c.

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    Lettre

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    Philippo, piissimo Francorum regi(a), domino suo, Ivo, humilis Carnotensium episcopus(b), sic gubernare temporale regnum ut non amittat aeternum(1).

    Quoniam praecedente divina gratia de stercore pauper(2) usque ad solium principum per manum vestram elevatus sum, fateor me post Deum pro posse meo cuncta vobis debere quae vestro congruunt honori et saluti. Sed quia, exasperatus propter salubres monitus quos serenitati vestrae ex summa fidelitate et charitate direxi, me diffiduciastis et bona episcopalis domus diripienda adversariis nostris exposuistis(3), gravia et grandia inde perpessus incommoda, regali curiae ad praesens nec secure(c) possum interesse(d) nec honeste. Supplico itaque majestati vestrae ut regia interim me mansuetudine supportetis, donec possim aliquantulum respirare et damna quae mihi pene usque ad penuriam panis inflicta sunt aliqua ex parte reparare(e). Exspecto etiam per misericordiam Dei cito futurum ut verum esse cognoscatis illud proverbium Salomonis(4) : « Meliora sunt vulnera diligentis quam fraudulenta oscula blandientis. ». De caetero calumniatoribus meis, quibus me respondere jubetis, cum insinuatum fuerit qui sint et quid expostulent, respondere non subterfugiam, vel in ecclesia, si ecclesiastica sunt negotia, vel in curia, si sunt curialia. Bene(f) valete.


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    inv JT 
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    humilis Carnotensis ecclesiae servus J, h c e m T 
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    securus JT 
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    esse J 
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    et damna...reparare om. JT 
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    om. JT.

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    Adresse proche de celle de la lettre 15.
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    D'après Ps. 112, 7.
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    Voir lettre 19.
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    Prov. 27, 6.

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    Avranches, BM 243, 20
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    Montpellier, Ecole de médecine H 231, 12
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    Jesus College, Q.G.5, 30rv
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    Troyes, BM 1924, 71rv
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    Auxerre, BM 69, 7v-8

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    À Philippe, très pieux roi des Francs, Yves, humble évêque des Chartrains, gouverner le royaume temporel de manière à ne pas perdre le royaume éternel.

    Puisque précédé de la grâce divine j'ai été, pauvre, élevé par votre main du fumier au trône des princes, j'avoue que je vous dois après Dieu, selon mon pouvoir, tout ce qui convient à votre honneur et à votre salut. Mais parce que, exaspéré à cause des admonitions salutaires que j'ai adressées à votre sérénité en toute fidélité et charité, vous avez manqué à votre foi envers moi et avez livré à nos adversaires les biens de la maison épiscopale pour qu'ils les pillent, ce dont j'ai subi de graves et grands dommages, je ne peux pour le moment être présent à la cour royale ni sûrement ni honorablement. C'est pourquoi je supplie votre majesté de me soutenir de la mansuétude royale jusqu'à ce que je puisse respirer quelque peu et réparer en partie les dommages qui m'ont été infligés au point que je suis presque privé de pain. J'attends même qu'il arrive bientôt par la miséricorde Dieu que vous reconnaissiez la vérité de ce proverbe de Salomon : « Mieux valent les blessures de l'ami que les baisers trompeurs du flatteur. » Par ailleurs, au sujet de mes calomniateurs, auxquels vous m'ordonnez de répondre, quand il aura été porté à ma connaissance qui ils sont et ce qu'ils réclament, je ne refuserai pas de leur répondre, soit dans l'église, si ce sont des affaires ecclésiastiques, soit à la cour, si ce sont des affaires de cour. Portez-vous bien.

Informations

Document

admin ydc (IRHT), dans  Yves de Chartres

Lettres d'Yves de Chartres, éd. G. Giordanengo (agrégée de l'Université), éd. électronique TELMA (IRHT), Orléans, 2017 [en ligne], acte n. 20959 (yves-de-chartres-22), http://telma-chartes.irht.cnrs.fr/en/yves-de-chartres/notice/20959 (mise à jour : 21/09/2017).